La courbe du deuil et le changement dans l’accompagnement chez les jeunes. đŸ“‰đŸŒ€đŸŒ±đŸš€

AprĂšs une perte ou un grand changement, chaque individu traverse des Ă©tapes Ă©motionnelles. Elisabeth KĂŒbler-Ross, dans son livre On Death and Dying (en français Les derniers instants de la vie), publiĂ© en 1969 dĂ©crit ces 7 Ă©tapes. Cette fiche vous aidera Ă  comprendre et accompagner les rĂ©sistances face au changement.

Certifiée par la communauté de l'inclusion le 03/03/2025
La courbe du deuil et le changement dans l’accompagnement chez les jeunes. đŸ“‰đŸŒ€đŸŒ±đŸš€

La courbe du deuil : prĂ©sentation đŸ“‰đŸ’”âžĄïžđŸ˜ąâžĄïžđŸ˜ĄâžĄïžđŸ€ŻâžĄïžđŸ˜žâžĄïžđŸ˜ŒâžĄïžđŸ˜Š

Initialement conçue pour expliquer le processus du deuil liĂ© Ă  la mort, la courbe du deuil s’applique dĂ©sormais Ă  de nombreuses situations oĂč il y a changement : Perte d’emploi, rupture scolaire, sĂ©paration, dĂ©claration d’une maladie, dĂ©part Ă  la retraite, dĂ©mĂ©nagement ou expropriation, changement majeur en entreprise


La plupart des Ă©tapes sont inconscientes et peuvent devenir conscientes.

Nous ne sommes pas obligés de passer par toutes les étapes de cette courbe. Chaque personne réagit différemment en fonction de son vécu, de sa personnalité, de son environnement et du soutien dont il bénéficie.
Les phases ne sont pas linĂ©aires : une personne peut sauter certaines Ă©tapes, les vivre dans un ordre diffĂ©rent ou mĂȘme revenir en arriĂšre.

Par exemple un jeune qui est en insertion peut passer directement du choc à la négociation sans ressentir de colÚre ou de dépression.
Certaines phases peuvent ĂȘtre plus ou moins marquĂ©es : certaines personnes vivent une longue pĂ©riode de dĂ©ni tandis que d’autres acceptent rapidement la situation.
Par exemple un jeune trùs soutenu et proactif pourra atteindre plus vite l’acceptation et la reconstruction.
Le soutien et l’accompagnement influencent le processus : un bon accompagnement peut Ă©viter ou raccourcir certaines Ă©tapes difficiles (par exemple la colĂšre ou la dĂ©pression)
Par exemple un coach ou un mentor qui peut aider Ă  transformer la colĂšre en action constructive.

Les phases sont au nombre de 7 :
- Le choc
- Le déni
- La colĂšre
- La négociation
- La dépression
- L’acceptation
- La reconstruction

🧐 Faisons un focus sur chaque phase pour explorer ce Ă  quoi elle correspond et comment on peut la dĂ©tecter dans l’accompagnement socio-professionnel.


Phase 1 : le choc đŸ’„đŸ˜šđŸ§Š

C’est une phase inconsciente et instinctive face Ă  une annonce brutale, une perte soudaine ou un changement non anticipĂ©.

  • Elle se traduit par des sentiments diversifiĂ©s comme la sidĂ©ration ou une incapacitĂ© Ă  rĂ©agir, un sentiment d’irrĂ©alitĂ© comme si l’évĂ©nement n’était pas rĂ©el, une confusion ou un trouble de la pensĂ©e ou bien une absence de rĂ©action Ă©motionnelle comme s’il y avait un Ă©tat de vide pour le plan Ă©motionnel.
  • Sur le plan comportemental, elle peut se traduire par un figement ou une incapacitĂ© Ă  prendre une dĂ©cision, un blocage ou un mutisme voire un refus de parler de la situation, des rĂ©actions automatiques sans rĂ©elle comprĂ©hension de ce qui se passe ou bien encore une sorte d’hyperactivitĂ© pour ne pas penser Ă  la situation.
  • Sur le plan physique, elle se traduit par une fatigue soudaine voire une insomnie, l’accĂ©lĂ©ration du rythme cardiaque ou une sensation d’oppression, des nausĂ©es, des tremblements ou des tensions musculaires.

D’un point de vue verbal, la phase de choc se manifeste par des difficultĂ©s Ă  exprimer clairement ses pensĂ©es, via un discours incohĂ©rent ou hachĂ© ou bien par l’absence totale de rĂ©action verbale.

Prenons des exemples :

📌 Ce qui se passe : Le jeune prend brutalement conscience de sa situation (chĂŽmage, Ă©chec scolaire, difficultĂ© Ă  trouver un emploi).
💬 RĂ©actions frĂ©quentes : "Je ne m’y attendais pas
", "Je pensais que ce serait plus facile."

📌 Ce qui se passe : Licenciement ou refus d’embauche
💬 RĂ©action du jeune : "Je ne comprends pas
 J’ai pourtant tout fait correctement."
đŸ˜¶ Comportement : Il reste silencieux, perdu, sans savoir comment rĂ©agir.

📌 Ce qui se passe: Échec scolaire ou arrĂȘt brutal d’une formation
💬 RĂ©action : "C’est impossible, il doit y avoir une erreur sur mes rĂ©sultats."
đŸ˜¶ Comportement : DĂ©ni total, Ă©vite de parler de l’échec et reporte les dĂ©marches d’orientation.

📌 Ce qui se passe : Passage Ă  la vie active aprĂšs les Ă©tudes
💬 RĂ©action : "Et maintenant ? Je ne sais pas quoi faire."
đŸ˜¶ Comportement : Paralysie dans la prise de dĂ©cision, refus de se projeter.

Comment accompagner un jeune dans une phase de choc ?

✅ Accueillir avec bienveillance : Ne pas brusquer, offrir une Ă©coute attentive.
✅ Donner du temps : Laisser le jeune assimiler la situation avant de le pousser à agir.
✅ Rassurer : Expliquer que cette rĂ©action est normale et temporaire.
✅ Fournir des repùres concrets : Reformuler la situation avec des mots simples et proposer des petites actions progressives

💡 L’objectif est d’aider le jeune Ă  sortir du choc pour entrer progressivement dans l’acceptation de la rĂ©alitĂ©, sans prĂ©cipitation.

Phase 2 : Le dĂ©ni âŒđŸ™ˆđŸ€„

Cette phase est Ă©galement inconsciente qui a pour but de se protĂ©ger face Ă  une rĂ©alitĂ© trop difficile Ă  accepter. Elle arrive aprĂšs la phase de choc et le jeune peut refuser d’admettre la situation.

  • Sur le plan Ă©motionnel, elle se traduit par un refus de voir la rĂ©alitĂ© en face, par un sentiment d’irrĂ©alitĂ© comme si rien n’avait changĂ© ou bien une forme d’auto-persuasion que la situation va s’arranger toute seule.
  • Le jeune peut Ă©viter les discussions ou les dĂ©marches liĂ©es au problĂšme, reprendre une sorte de routine et faire comme si de rien n’était ou bien procrastiner face aux actions Ă  entreprendre sur le plan comportemental.
  • Sur le plan physique, il y a peu de signes visibles mais parfois les jeunes font preuve d’hyperactivitĂ© pour fuir la vĂ©ritĂ©, elles peuvent aussi vivre un stress latent, une agitation nerveuse.

Sur le plan verbal, elle se manifeste par un refus, une minimisation ou une justification de la situation.

Quelques exemples qui peuvent aider à identifier une phase de déni :

📌 Ce qui se passe : Refus de voir la rĂ©alitĂ©, minimisation des difficultĂ©s.
💬 RĂ©actions frĂ©quentes : "Je vais trouver un job tout seul, pas besoin d’aide.", "Le systĂšme est contre moi, ça ne sert Ă  rien d’essayer."

📌 Ce qui se passe : Jeune refusant d’admettre qu’il a besoin d’accompagnement
💬 RĂ©action : "J’ai pas besoin de la Mission Locale, je vais trouver un boulot tout seul."

📌 Ce qui se passe : Échec scolaire non acceptĂ©
💬 RĂ©action : "Je vais retenter sans rien changer, ça passera la prochaine fois."

📌 Ce qui se passe : Refus d’accepter une rĂ©orientation
💬 RĂ©action : "Je voulais faire ce mĂ©tier depuis toujours, je ne peux pas changer maintenant !"

DĂšs qu’on accompagne un jeune et qu’on dĂ©tecte que le jeune est en phase de dĂ©ni, en tant que professionnel, on peut :

✅ Ne pas confronter brutalement : Forcer la prise de conscience peut aggraver le blocage.
✅ Utiliser des faits concrets : Exemples, chiffres, tĂ©moignages inspirants.
✅ Encourager la rĂ©flexion : Poser des questions ouvertes ("Et si ça ne marchait pas comme prĂ©vu, quelles seraient tes options ?").
✅ Proposer des premiĂšres Ă©tapes lĂ©gĂšres : Inviter Ă  un atelier, un Ă©change avec un mentor.

💡 L’objectif est d’amener progressivement le jeune à ouvrir les yeux sur la situation, sans le brusquer.

Phase 3 : La colĂšre đŸ˜ĄđŸ€ŹđŸ’ą

Cette phase est inconsciente mais elle amorce un dĂ©but de conscience. DĂšs lors que le jeune commence Ă  percevoir la rĂ©alitĂ© mais qu’émotionnellement il n’est pas prĂȘt Ă  l’accepter, cette rĂ©action est naturelle et est perçue comme injuste, incomprĂ©hensible ou subie. Les Ă©motions ne sont pas encore maitrisĂ©es et la frustration subie peut se manifester contre lui-mĂȘme, contre les autres (la famille, les institutions, l’employeur
) ou contre la situation elle-mĂȘme.

  • Sur le plan Ă©motionnel, il peut ressentir un sentiment d’injustice et de frustration intenses, il va rechercher des coupables (que ce soit lui-mĂȘme ou quelqu’un d’autre), il va sentir de l’agacement face aux conseils ou aux tentatives d’aide.
  • les rĂ©actions vont ĂȘtre impulsives (agressivitĂ© verbale, hausse de ton..), le jeune va s’opposer systĂ©matiquement aux propositions d’aide ou vivre un repli sur lui-mĂȘme, avoir voire entretenir les conflits avec l’entourage parfois il a des comportements d’auto-sabotage avec des refus d’assister Ă  des rendez-vous ou l’abandon des dĂ©marches pour le plan comportemental.
  • Sur le plan physique, le jeune peut ressentir de la tension corporelle avec les poings serrĂ©s ou la mĂąchoire crispĂ©e, vivre de l’hyperactivitĂ© due au stress, vivre des troubles du sommeil ou de l’appĂ©tit.

Cette phase se traduit par une accusation des autres, des reproches, du rejet, une auto-dĂ©valorisation avec un sentiment d’injustice d’un point de vue verbal

Exemples concrets :

📌 Ce qui se passe : Frustration face aux obstacles, sentiment d’injustice.
💬 RĂ©actions frĂ©quentes : "C’est la faute de l’école, des employeurs, du gouvernement !", "On ne donne pas leur chance aux personnes comme moi."

📌 Exemple 1 : Un jeune en colùre aprùs un refus d’emploi
💬 RĂ©action : "C’est n’importe quoi, ils ne veulent que des pistonnĂ©s !"

📌 Exemple 2 : Refus d’une formation proposĂ©e
💬 RĂ©action : "Ça sert Ă  rien, mĂȘme avec un diplĂŽme, on trouve pas de boulot !"

📌 Exemple 3 : Conflit avec la famille à cause de l’inaction
💬 RĂ©action : "Ils veulent que je trouve un travail tout de suite, mais ils comprennent rien !"

Comment peut on accompagner un jeune qui est dans la phase de colĂšre ?

✅ Ne pas rĂ©pondre Ă  l’agressivitĂ© par l’agressivitĂ© : Garder une posture calme et bienveillante.
✅ Reformuler les Ă©motions : "Je ressens beaucoup de frustration dans ce que vous dites, c’est normal. Qu’est-ce qui vous semble le plus injuste ?"
✅ Aider à transformer la colùre en action : Proposer une action concrùte et accessible (ex. : postuler à une offre, rencontrer un professionnel inspirant).
✅ Éviter les injonctions : Ne pas forcer ("Vous devez faire ça"), mais plutĂŽt amener Ă  la rĂ©flexion ("Qu’est-ce qui pourrait vous aider selon vous ?").

💡 L’objectif est d’aider le jeune à canaliser sa colùre pour qu'il devienne un moteur d’action plutît qu’un blocage.

Phase 4 : La nĂ©gociation. đŸ€đŸ™đŸ€”

Toujours en transition vers le conscient, la phase de nĂ©gociation est majoritairement inconsciente. Pendant cette phase, le jeune commence Ă  se dire qu’il faut qu’il y ait un changement mais il va tenter de trouver des alternatives pour contourner la rĂ©alitĂ© ou limiter l’impact du changement. C’est une phase bascule qui est une transition entre refus et acceptation partielle.

  • Sur le plan Ă©motionnel, il garde espoir qu’une solution « intermĂ©diaire » est possible, il tente de trouver une issue qui Ă©viterait un engagement complet dans le changement et alterne entre optimisme et doute.
  • Il va rechercher des alternatives « moins contraignantes », va discuter pour obtenir des compromis et va avoir une motivation temporaire Ă  tester des solutions mais ne prĂ©sente aucune conviction dans ses dĂ©marches sur le plan comportemental.
  • Enfin, sur le plan physique, il va ressentir moins de tension qu’en phase de colĂšre mais ressent encore du stress liĂ© Ă  l’incertitude, il ressent par contre de la fatigue due aux hĂ©sitations et Ă  l’instabilitĂ© Ă©motionnelle.

Les autres signes qui peuvent traduire qu’un jeune vit une phase de nĂ©gociation sont des tentatives de compromis, des questions sur d’autres options et des conditions mises au changement. Il peut faire des propositions alternatives, tenter de reporter les dĂ©cisions, il pose des conditions et nĂ©gocie avec soi mĂȘme ou avec les autres et remet en question des exigences du changement.

ConcrÚtement, ça se traduit par :

📌 Ce qui se passe : Le jeune tente de nĂ©gocier avec la rĂ©alitĂ©, explore des alternatives.
💬 RĂ©actions frĂ©quentes : "Si je fais un petit boulot en attendant, ça ira mieux ?", "Peut-ĂȘtre que je devrais reprendre une formation, mais est-ce vraiment utile ?"

📌 Exemple 1 : Un jeune qui hĂ©site Ă  suivre une formation
💬 RĂ©action : "OK, je vais peut-ĂȘtre faire une formation, mais seulement si elle dure pas trop longtemps."

📌 Exemple 2 : Un jeune en recherche d’emploi mais rĂ©ticent Ă  certaines offres
💬 RĂ©action : "Je vais postuler, mais pas dans ce secteur, je veux un boulot bien payĂ© tout de suite."

📌 Exemple 3 : Un jeune bĂ©nĂ©ficiaire qui veut temporiser avant d’agir
💬 RĂ©action : "Je vais voir encore un peu avant de prendre une dĂ©cision."

Comment accompagner un jeune en phase de négociation ?

✅ Valoriser les premiers signes d’ouverture : Encourager sans brusquer.
✅ Éviter de le confronter brutalement Ă  la rĂ©alitĂ© : Le changement doit venir de lui.
✅ Proposer des options rĂ©alistes et accessibles : "Vous voulez tester ? Pourquoi ne pas essayer un stage de courte durĂ©e ?"
✅ Mettre en place des engagements progressifs : Petites actions concrĂštes pour avancer sans prĂ©cipitation.
✅ Fixer des repĂšres temporels : "D’accord pour attendre, mais on fixe une date pour dĂ©cider ensemble ?"

💡 L’objectif est de transformer cette nĂ©gociation en un premier pas vers l’action, tout en laissant le jeune garder un sentiment de contrĂŽle sur ses choix.

Phase 5 : la dĂ©pression 😞😱💔

Cette phase est la premiĂšre qui a une prise de conscience mĂȘme si le jeune reste passif dans son attitude. Elle survient quand il prend pleinement conscience de la rĂ©alitĂ© du changement ou de la perte. Elle rĂ©alise que les tentatives prĂ©cĂ©dentes (nĂ©gociation et Ă©vitement) n’ont pas fonctionnĂ© et donc elle ressent une baisse de moral, un dĂ©couragement et parfois une perte de confiance en soi. Cette phase clĂ© est souvent douloureuse mais nĂ©cessaire pour avancer vers l’acceptation et la reconstruction.

  • Le jeune ressent une tristesse profonde ou un sentiment de vide, un sentiment d’échec ou d’inutilitĂ©, une perte de motivation voire d’envie d’agir ou du dĂ©couragement et du pessimisme face Ă  l’avenir sur le plan Ă©motionnel.
  • Sur le plan comportemental, il se dĂ©sengage des dĂ©marches entreprises, s’isole socialement ou Ă©vite des contacts, ressent un baisse d’énergie et procrastine ou bien elle abandonne des routines ou des projets en cours.
  • Il peut ressentir une fatigue excessive avec des troubles du sommeil (en hypersomnie ou insomnie), des troubles de l’appĂ©tit avec perte ou excĂšs d’alimentation ou bien manque d’énergie pour accomplir les tĂąches quotidiennes sur le plan physique.

Les discours nĂ©gatifs, le fatalisme ou la perte de confiance en soi peuvent aussi ĂȘtre des indicateurs de cette phase. Le jeune va vivre une auto-dĂ©valorisation et une perte d’espoir, avoir une vision pessimiste du futur, rejeter les opportunitĂ©s et ressentir un sentiment d’isolement et d’incomprĂ©hension.

Par exemple :

📌 Ce qui se passe : Le jeune se sent dĂ©passĂ©, perd confiance en lui.
💬 RĂ©actions frĂ©quentes : "Je n’y arriverai jamais.", "Je ne vaux rien, personne ne veut de moi."

📌 Exemple 1 : Jeune dĂ©couragĂ© par le marchĂ© de l’emploi
💬 RĂ©action : "Ça fait des mois que j’envoie des CV et personne ne rĂ©pond. C’est fini, j’abandonne."

📌 Exemple 2 : Jeune qui rejette toute proposition d’aide
💬 RĂ©action : "MĂȘme si vous me trouvez un stage, je vais sĂ»rement Ă©chouer."

📌 Exemple 3 : Jeune qui s’isole et refuse de communiquer
💬 RĂ©action : (Silence, absence aux rendez-vous, messages courts et nĂ©gatifs)

Quand on est professionnel de l’accompagnement et qu’on a face Ă  nous un jeune qui est en phase de dĂ©pression, voici ce qui peut ĂȘtre fait :

✅ Faire preuve d’écoute et d’empathie : Accepter ses Ă©motions sans minimiser son ressenti.
✅ Éviter les injonctions positives forcĂ©es : Ne pas dire "Allez, bouge-toi !" mais plutĂŽt "Qu’est-ce qui pourrait t’aider Ă  avancer un petit pas Ă  la fois ?"
✅ Valoriser les petites victoires : "Vous avez pris le temps de venir aujourd’hui, c’est un premier pas important."
✅ Proposer un accompagnement progressif : Ne pas fixer d’objectifs trop ambitieux, mais avancer pas à pas.
✅ Encourager le lien social : L’aider à retrouver du soutien (amis, famille, mentors, groupes d’entraide).

💡 L’objectif est d’aider le jeune Ă  sortir de son Ă©tat de passivitĂ© et de retrouver progressivement confiance en lui et en ses capacitĂ©s.

Phase 6 : La phase d’acceptation đŸ˜ŒđŸŒ±âœš

Cette phase est une phase consciente et volontaire. Elle marque un tournant dans la courbe du deuil et du changement.
Les Ă©motions difficiles sont passĂ©es et le jeune commence Ă  accepter la rĂ©alitĂ© du changement et Ă  envisager l’avenir avec plus de luciditĂ© et de sĂ©rĂ©nitĂ©. Ce moment n’est pas un moment trĂšs joyeux mais il y a arrĂȘt de lutte contre la situation et il commence Ă  considĂ©rer la situation comme une opportunitĂ© d’évolution.

  • Le jeune ressent un apaisement progressif et une diminution du stress, une rĂ©duction des sentiments d’injustice et de frustration et la naissance d’une nouvelle motivation sur le plan Ă©motionnel.
  • Sur le plan comportemental, on observe une reprise progressive des dĂ©marches, une recherche active de solutions adaptĂ©es, la capacitĂ© Ă  se projeter dans le futur avec plus de clartĂ© et un engagement dans de nouvelles activitĂ©s.
  • Le sommeil et l’énergie sont amĂ©liorĂ©s, il y a moins de signes de stress avec moins de tensions et de fatigue Ă©motionnelle et la posture est plus ouverte avec un langage corporel plus dĂ©tendu sur le plan physique.

Le discours est plus posĂ©, les phases sont plus constructives et il s’ouvre au changement. Il reconnait la rĂ©alitĂ©, prend des responsabilitĂ©s, a une volontĂ© d’action et s’ouvre aux conseils et Ă  l’accompagnement.

Prenons quelques exemples concrets :

📌 Ce qui se passe : Le jeune comprend qu’il doit s’adapter et prendre en main son avenir.
💬 RĂ©actions frĂ©quentes : "OK, la situation est compliquĂ©e, mais je vais essayer de trouver une solution."

📌 Exemple 1 : Un jeune qui accepte un changement de voie professionnelle
💬 RĂ©action : "J’ai compris que mon secteur est saturĂ©, je vais voir quelles formations peuvent me convenir."

📌 Exemple 2 : Un jeune qui reprend confiance aprĂšs une pĂ©riode de doute
💬 RĂ©action : "J’ai eu un entretien ratĂ©, mais j’ai compris mes erreurs. Je vais mieux me prĂ©parer pour le prochain."

📌 Exemple 3 : Un jeune qui accepte un accompagnement aprĂšs l’avoir refusĂ©
💬 RĂ©action : "Je pense que je ne peux pas y arriver seul. Je vais essayer de suivre les conseils que vous me donnez."

Et quand le professionnel a en face de lui un jeune qui vit cette situation, il peut :

✅ Valoriser son Ă©volution : "Vous avez fait un grand pas en acceptant la situation, c’est une force !"
✅ Lui donner des outils concrets : Proposer des actions claires et rĂ©alisables rapidement.
✅ Le guider sans imposer : Laisser une marge de libertĂ© pour qu’il s’approprie le changement.
✅ Encourager l’expĂ©rimentation : "Essayez, vous verrez ce que ça donne, et on en reparle ensemble."
✅ S’assurer qu’elle ne rechute pas : Maintenir un suivi rĂ©gulier pour Ă©viter un retour en arriĂšre.

💡 L’objectif est d’ancrer cette acceptation dans une dynamique d’action, pour qu'il transforme sa prise de conscience en opportunitĂ© d’évolution.

Phase 7 : la reconstruction đŸŒˆđŸ› đŸŒ±

C’est une phase consciente et active, c’est la derniĂšre Ă©tape de la courbe du deuil et de changement. AprĂšs avoir acceptĂ© la rĂ©alitĂ© de la situation, le jeune se rĂ©investit activement dans un projet et commence Ă  construire un nouvel Ă©quilibre. C’est une phase positive, oĂč l’individu transforme son vĂ©cu en une opportunitĂ© d’évolution. C’est lĂ  qu'il passe d’une posture passive Ă  une posture proactive : il devient acteur de son parcours.

  • Le jeune va ressentir un sentiment de regain d’énergie et d’optimisme, une meilleure gestion des Ă©motions avec moins de stress ainsi qu’une confiance croissante en ses capacitĂ©s sur le plan Ă©motionnel.
  • Sur le plan comportemental, elle va s’engager concrĂštement dans des dĂ©marches professionnelles avec une recherche active d’emploi ou de formation, elle va dĂ©velopper de nouvelles compĂ©tences, elle va ĂȘtre en capacitĂ© Ă  s’adapter aux imprĂ©vus sans rechuter dans la frustration ou l’abandon et elle va rechercher de nouvelles opportunitĂ©s et crĂ©er un rĂ©seau.
  • Enfin, elle va retrouver son dynamisme avec plus d’entrain dans les actions quotidiennes, elle va avoir une meilleure posture corporelle avec des gestes adaptĂ©s et va ressentir une amĂ©lioration de son bien-ĂȘtre gĂ©nĂ©ral sur le sommeil, l’alimentation et l’énergie pour le plan physique.

Le discours est orientĂ© vers l’action et des prises d’initiatives avec une volontĂ© d’évolution. Son discours est proactif et orientĂ© « solutions », il a une capacitĂ© Ă  relativiser et tirer des leçons du passĂ©, il s’ouvre aux opportunitĂ©s et exprime la volontĂ© d’aller de l’avant.

📌 Ce qui se passe : Un jeune s’approprie son parcours, reprend confiance, construit son avenir professionnel.
💬 RĂ©actions frĂ©quentes : "Je commence Ă  voir des opportunitĂ©s.", "Je peux y arriver, je suis motivĂ©(e) !"

📌 Exemple 1 : Un jeune qui s’investit dans une formation
💬 RĂ©action : "J’ai commencĂ© une formation, je vois dĂ©jĂ  les progrĂšs que je fais."

📌 Exemple 2 : Un jeune qui entreprend une recherche d’emploi active
💬 RĂ©action : "J’ai refait mon CV et j’ai dĂ©jĂ  envoyĂ© plusieurs candidatures ciblĂ©es."

📌 Exemple 3 : Un jeune qui change d’orientation aprĂšs un Ă©chec
💬 RĂ©action : "J’ai compris que ce secteur ne me convenait pas, je me dirige vers un domaine qui me correspond mieux."

Lorsqu’un jeune accompagnĂ© est en phase de reconstruction, le professionnel peut :

✅ Encourager l’autonomie : Valoriser son passage à l’action et le laisser prendre des initiatives.
✅ L’aider à structurer son projet : Mettre en place un plan d’action avec des objectifs concrets.
✅ Faciliter l’accĂšs aux opportunitĂ©s : La mettre en relation avec des professionnels, des entreprises, des organismes de formation.
✅ Soutenir la motivation : Rappeler les progrĂšs accomplis et montrer les perspectives d’évolution.
✅ PrĂ©parer aux Ă©ventuels obstacles : Lui apprendre Ă  gĂ©rer les imprĂ©vus sans retomber dans le doute ou le dĂ©couragement.

💡 L’objectif est de consolider cette dynamique positive pour qu'il puisse maintenir son engagement et continuer à avancer vers son avenir professionnel avec confiance.


courbe deuil


Pourquoi utiliser la courbe du deuil dans l’accompagnement socio-pro ? đŸ€đŸ›€ïžđŸ§­

Dans l’accompagnement socio-professionnel, il est courant de rencontrer des personnes en transition, en reconversion ou en difficultĂ© face Ă  un changement subi (perte d’emploi, rĂ©orientation, fin de contrat, Ă©chec dans un projet professionnel
). Ces situations peuvent ĂȘtre vĂ©cues comme une perte et gĂ©nĂ©rer des rĂ©actions Ă©motionnelles fortes.

💡 La courbe du deuil permet au professionnel de mieux comprendre ces rĂ©actions, d’adapter son accompagnement et d’intervenir au bon moment avec la posture adĂ©quate.

5 intĂ©rĂȘts majeurs :

👍 Comprendre les rĂ©sistances et ajuster son accompagnement
Chaque phase de la courbe du deuil implique des rĂ©actions spĂ©cifiques qui influencent l’attitude du jeune accompagnĂ© face aux propositions qui lui sont faites.

👍 Éviter les interventions inadaptĂ©es ou contre-productives
Si le professionnel ne prend pas en compte l’état Ă©motionnel du jeune accompagnĂ©, son intervention peut ĂȘtre mal perçue et inefficace.

👍 Adapter sa posture en fonction des Ă©tapes
La posture du professionnel doit Ă©voluer en fonction de la phase oĂč se trouve le jeune accompagnĂ© :

phase

👍 Favoriser une transition plus rapide et efficace
Lorsqu’une personne est bloquĂ©e dans une phase (exemple : colĂšre prolongĂ©e ou dĂ©pression qui empĂȘche d’avancer), un accompagnement adaptĂ© peut accĂ©lĂ©rer sa progression vers l’acceptation et l’action.

👍 AmĂ©liorer la relation de confiance et l’engagement
Se référer à la courbe du deuil permet au professionnel de :
✅ Mieux comprendre les Ă©motions du jeune accompagnĂ© sans les juger.
✅ Adapter son discours et ses actions pour qu’ils soient mieux acceptĂ©s.
✅ CrĂ©er une relation de confiance oĂč il se sent compris et soutenu.
✅ Renforcer l’engagement en proposant les bonnes actions au bon moment.

En conclusion, 📌 La courbe du deuil est un outil prĂ©cieux pour les professionnels de l’accompagnement socio-professionnel, car elle permet une approche plus fine et plus respectueuse du rythme de chaque individu.
🎯 L’accompagnement devient plus efficace, plus humain et plus adaptĂ© aux besoins spĂ©cifiques de chaque situation, ce qui augmente les chances de rĂ©ussite et de stabilisation professionnelle.
💡 Comprendre ces Ă©tapes, c’est donner aux jeunes accompagnĂ©s les meilleures chances d’évoluer vers une reconstruction positive et durable.


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